Emmanuelle Adamson Faure
le 10 septembre 2026
Lecture 4 min.

Crédit photo © Châteauform’
En quelques mots
Chateauform met à la disposition de ses clients un cercle d’Experts afin de les accompagner dans la conception de leurs séminaires et événements d’entreprise : The Experts Circle by Chateauform.
C’est au fil d'une série d’articles que je suis heureuse de mettre en lumière ces Experts et la valeur de leurs savoir-faire.
Aujourd’hui, donnons à la parole à Gilane Barret de La Coaching Agency.
Pour toute bonne prise de parole, il est essentiel de penser d’abord à la réception du message, et non à son émission.
Il faut avoir pour boussole la façon dont le public va recevoir le message. Il ne faut pas se focaliser uniquement sur la façon dont on va l’émettre. L’obsession doit être l’audience. C’est ce que j’ai appris au cours de mes 25 ans de télévision : le public d’abord…
Voici 8 points-clés à respecter pour avoir de l’impact en public !
Un public est captif si on lui propose d’abord de la nouveauté. Cela suppose d’éviter les poncifs, les contextualisations que tout le monde connait. L’audience est captivée par ce qui est nouveau, par ce qui l’étonne, par ce qui l’intrigue. Lorsqu’on prépare une prise de parole en public, il faut donc se demander ce que ne connait pas encore le public, audience auditoire et se focaliser sur ces messages.
Il faut toujours penser à ce que le public, audience, auditoire, se sente concerné par ce qu’on lui dit. Même pour une audience avertie et professionnelle, l’humain est au cœur de la communication. Parler au public de ses préoccupations familiales ou professionnelles, de sa vie quotidienne, de ses relations managériales au travail, de ses objectifs de carrière… il faut parler aux gens, il ne faut pas parler de soi.
Quel est le programme TV plébiscité chaque jour ? La météo ! Car elle parle du quotidien et du futur proche. Tout public souhaite qu’on lui parle de son avenir proche, de son avenir, de ses attentes, de ses ambitions. Lui parler du passé et du contexte économique morose par exemple ne l’intéresse pas.
Ainsi pour la prise de parole faut-il emmener l’audience dans le futur proche, parler des orientations, des projets, et passer beaucoup moins de temps à évoquer le bilan ou des actions déjà réalisées.
Toute communication passe par la simplicité. En effet, la moindre complexité exclut de fait une partie du public. Il faut donc parler au « plus petit dénominateur commun ». Même devant une audience professionnelle, personne n’a le même niveau de compétence. Il s’agit donc de délivrer un message simple et vulgarisateur, afin que 100 % du public comprenne. Il serait dommage d’exclure une partie de son audience uniquement parce qu’on a abusé de mots complexes ou d’acronymes.
Une bonne prise de parole est avant tout pensée et délivrée sur un format court. Le cerveau, les réseaux sociaux, la communication 2.0 requièrent la concision pour tout message.
Cela ne sert à rien de se donner bonne conscience avec un long message structuré : le public ne le retiendra pas !
Les journalistes, qui sont des professionnels du message à impact, commencent toujours par la conclusion. « La coupe du monde a été gagnée par… ». « L’élection a été remportée par… ». Il faut d’abord donner le résultat. Puis expliquer le contexte, et pas l’inverse !
Lors d’une prise de parole, le temps est souvent limité. Commencer par la fin permet de s’assurer que les messages essentiels auront été délivrés.
Il faut raconter une histoire, une expérience vécue, une anecdote humaine. Aucune communication ne peut se faire sans émotion, c’est cela que le public retiendra. Il ne se rappellera pas des concepts théoriques.
Concrètement cela signifie qu’il faut se lancer dans une histoire avec un décor, créer un story-telling autour de soi ou les projets de son entreprise, en embarquant l’audience. Il se peut d’ailleurs que le public se souvienne davantage de l’histoire que du concept, donc il faut bien la raconter, poser un cadre imagé, donner quelques détails qui peuvent paraitre insignifiants, mais qui donnent de la chair à ce que l’on raconte. Cela se prépare donc bien en amont. Raconter une histoire n’est pas difficile, encore faut-il l’avoir imaginée a priori.
Enfin, sur la forme du message, il faut l’aérer : marquer des ruptures de rythme, respecter des silences, parler plus fort sur une idée maitresse, parler moins fort sur une anecdote en adoptant le ton de la confidence. Cela va éveiller les sens du public.
Le psychologue Albert Mehrabian est connu pour ce chiffre : il a analysé que les mots ne comptent que pour 7% de la communication (vocabulaire, structure des phrases, etc.). Les 93% restant relèvent de notre intonation et de notre gestuelle. On comprend alors bien qu’il est essentiel de bien travailler sa communication non-verbale (posture, regards, intonation, sourire, respiration etc.).
En conclusion, il faut avoir pour obsession d’intéresser le public, et non se faire plaisir avec une présentation trop conceptuelle. L’humain est au cœur de la prise de parole. Une bonne communication passe par ce triptyque : l’émotion, la répétition du message, et la réception du discours par l’audience présente.

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